L’Unesco, nouveau terrain du smart power ?

Une fois n’est pas coutume, l’Unesco a fait ces derniers temps l’ouverture des journaux télévisés !
Le principe selon lequel il ne faut pas vendre la peau de l’ours s’est encore vérifié aux dépends du candidat égyptien Farouk Hosni. Dans les couloirs glacials du siège parisien de l’Unesco, la température s’est passablement accrue au fil des tours de scrutin.
Plutôt habitués à une indifférence médiatique quasi absolue, les commentateurs du JT ont été cette fois partie prenante de l’intrigue qui a donc vu échouer le candidat pourtant soutenu officiellement par les plus gros bailleurs de fonds de l’Unesco et, ne l’oublions pas, par Israël qui avait officiellement émis un avis neutre sur le candidat, ce qui équivaut, dans le contexte, à un quasi blanc seing.

La bataille est perdue, mais la guerre n’est pas terminée, notamment dans les prochaines semaines où se dérouleront la conférence générale de l’Unesco (6-23 octobre 2009). Les déclarations de Farouk Hosni à sa descente d’avion laisse augurer quelques règlements de compte dans les coulisses : certains « grands » pays n’auraient pas fait ce qu’ils avaient dit. La presse égyptienne a notamment pointé l’hésitation française – dénoncée de son coté par le Grand Rabbin de France – qui aurait entrainé, par effet domino, l’incertitude des pays africains et francophones.

Dans le contexte de la montée aux extrêmes dans l’affaire iranienne, les observateurs les plus qualifés de la scène internationale ne minimisent pas cette élection du directeur général de l’Unesco, susceptible de cristalliser une relance du clash des civilisations.

Le rôle des États Unis dans cette affaire est naturellement central et pourrait faire écho à un évènement important passé presque inaperçu en octobre 2005 et peu rappelé ces derniers temps. Il s’agit du camouflet reçu à l’Unesco par les Etats Unis et Israël, les deux seuls pays à s’être opposés à l’adoption de la convention sur le diversité culturelle. Rappelons aussi que le retour des USA en 2003 sur les bancs de l’Unesco après 19 ans de boycott, s’est accompagné d’une bouffée d’oxygène financière inespérée pour l’organisation internationale, qui a d’ailleurs inauguré ses locaux réhabilités fin septembre 2009 !

La manœuvre à court terme de l’éviction de Farouk Hosni est-elle une manière de reprendre la main sur l’organisation, qui pour la nouvelle doctrine Clinton du smart power pourrait revêtir un nouvel intérêt stratégique ?

Finalement, l’administration Obama, apôtre du multiculturalisme, reconnaîtra-t-elle la fameuse convention sur la diversité culturelle si ardemment combattue par Condoleezza Rice ?

Advertisements

About this entry